Café-presse, le 28 juin 2015 – June 28, 2015, Coffee & Press

Aujourd’hui, la sélection concerne :

l’arrestation du reporter d’Al Jazeera en Allemagne, sur ordre des autorités égyptiennes 

– la coopération économique entre les pays « occidentaux » et l’Egypte, malgré leur condamnation des abus des droits de l’homme dans le pays

L’Allemagne libère le reporter d’Al Jazeera Ahmed Mansour, publié le 22 Juin 2015 sur BBC News

Orig: Germany frees al-Jazeera reporter Ahmed Mansour, published on June 22, 2015, on BBC News

Le cas: les procureurs généraux allemands ont confirmé qu’un reporter de la chîane qatari Al Jazeera a été détenu dans les prisons allemandes, puis libéré, suite à une demande d’extradition des autorités égyptiennes.

Ahmed Mansour a été retenu à l’aéroport samedi 20 Juin, alors qu’il prenait un vol Berlin-Qatar. Une court de justice au Caire avait condamné A. Mansour à 15 ans de prison en abstention l’année dernière, pour torture. Des charges démenties par Al Jazeera.

Le porte-parole du ministre des affaires étrangères a déclaré en conférence de presse que l’Allemagne doute de l’actuel état d’un Etat de droit en Egypte.

Les charges retenues contre A. Mansour :
A. Mansour a été accusé, avec deux autres Frères Musulmans et un prêcheur islamique, d’avoir pris part dans la torture d’un avocat, place Tahrir, en 2011 lors des manifestations contre l’ancien dirigeant égyptien Hosni Moubarak.

Selon l’Associated Press (AP), la vidéo prise lors de l’incident montre l’avocat en train d’être tabassé, mais A. Mansour n’y apparaît pas.

Un parte-parole du Ministère de l’intérieur allemand avait affirmé qu’Interpol avait publié un mandat d’arrêt à l’encontre d’A. Mansour ; déclaration à laquelle Al Jazeera répond que ce mandat, issu des autorités égyptiennes, avait été rejeté par l’organisation internationale de police parce qu’il n’était pas conforme.

Éléments de contextualisation:

La chaîne Al Jazeera a été accusée par le régime égyptien actuel d’avoir apporté son soutien au gouvernement de M. Morsi, soit à l’organisation des Frères Musulmans. Suite au coup d’Etat du 3 juillet 2013 qui a mené au renversement de M. Morsi, plusieurs membres de l’équipe de la chaîne qatari ont du paraître devant la court de justice égyptienne. Le célèbre procès de trois journalistes d’Al Jazeera, Peter Greste, Canadian Mohamed Fahmy and Egyptian Baher Mohamed, par exemple, est toujours en cours. P. Greste a réussi à rejoindre l’Australie en renonçant à sa nationalité égyptienne (il est bi-national), et est en ce moment jugé en abstention.

L’Ouest condamne peut-être les abus du régime égyptien, mais continue son business normalement, article de Samira Shackle, publié le 19 Mai 2015, sur Middle East Monitor

Orig: The West may condemn Egypt’s abuses, but it’s still business as usual, by Samira Shackle, published on May, 19 2015 on Middle East Monitor

L’auteure de l’article s’interroge sur les réelles actions prises par les pouvoirs « occidentaux » vis à vis de l’Egypte, malgré leur condamnation des abus des droits de l’homme par le régime d’Abdel Fattah Al Sissi.

Washington a critiqué la condamnation à mort de l’ancien président déchu Mohamed Morsi ; bientôt suivi par Frederica Mogherini, diplomate de l’Union Européenne.

Cependant (l’article date un peu), l’Allemagne a accepté de recevoir Al Sissi lors de sa visite le 3 juin dernier. La visite a fait grand bruit, et a été critiquée par de nombreux partis politiques allemands, qui dénonçaient les nombreuses violations des droits de l’homme en Egypte. Ils demandaient l’arrêt des collaborations avec l’Egypte, au delà de la simple condamnation des abus des droits de l’homme. L’Allemagne voit très certainement l’Egypte comme un point de stabilité dans la région (contrairement à la situation de la Libye à l’Ouest de l’Egypte, au conflit israélo-palestinien à l’Est du pays) et comme un partenaire économique.

L’auteure de l’article liste les différents comportements des puissances « occidentales » face aux régimes: coopération avec Hosni Moubarak, puis méfiance vis à vis du président élu mais islamiste modéré Mohamed Morsi, et enfin la décision des Etats Unis d’éviter la qualification de « coup d’Etat » pour décrire les événements du 3 Juillet 2013. L’auteure ajoute que les Etats Unis et les Etats européens préfèrent un dirigeant séculaire.

Les relations entre les Etat Unis et l’Egypte serait selon l’auteure dans un processus de « normalisation ». Après que M. Morsi ait été renversé, l’administration de Barack Obama a gelé l’aide annuelle militaire américaine à l’Egypte, qui représente 1.3 billion de $. Cette décision a été finalement annulée à la fin de 2014.

L’auteure continue:

« Dans les relations internationales, il est normal d’avoir un certain niveau de realpolitik, mais les appels queles Etats Unis et l’Union Européenne lancent à l’Egypte afin que le pays se démocratise semblent lamentablement inadéquats au vu de l’ampleur des violations des droits de l’homme en Egypte. »

En soi, cette politique est proche de celle adoptée par les puissances « occidentales » vis à vis de l’Arabie Saoudite par exemple, écrit S. Shackle.

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