Café-presse, le 6 Juillet 2015 – July 6, 2015, Coffee & Press

Another case : Ricard González was forced to leave Cairo, more or less at the same time as I was.

Pourquoi je me suis senti forcé de partir d’Egypte, article de Ricard González, correspondant espagnol d’EL PAÍS au Caire, publié le 5 Juillet 2015 sur le journal égyptien en ligne Mada Masr

Orig: Why I felt forced to leave Egypt, by Ricard González, EL PAÍS correspondant in Cairo, published on July 5; 2015 on Mada Masr, an Egyptian newspaper

Résumé : Ricard González a été prévenu par les autorités espagnoles qu’un risque imminent d’arrestation pesait sur lui en Egypte. Dans l’article, Ricard explique qu’il était surpris de cet avertissement soudain, puisqu’il n’avait jamais été inquiété auparavant, par exemple pour renouveler sa carte de presse.

Ricard González rappelle un rapport récent du Comité de Protection des Journalistes selon lequel 18 reporters seraient actuellement incarcérés en Egypte, tandis que le Arabic Network of Human Rights Information suggère que ce nombre dépasse en vérité 60. González fait un hommage à Mahmoud Abou Zeid, dixit Shawkan, un jeune photo-reporter qui meurt actuellement de l’hépatite C en prison, à cause du manque de soins qui lui sont apportés. Il avait été arrêté il y a plus de 23 mois pour avoir pris des photographies à une manifestation, en août 2013 (la tristement célèbre dispersion du sit-in des sympathisants des Frères Musulmans Rabaa Al-Adawiya). Signez la pétition « Free Shawkan » !

Egalement, González rappelle les atteintes aux droits des journalistes, en prenant pour exemple le procès des trois reporters d’Al Jazeera, l’australien Peter Greste, Mohamed Fahmy qui avait une double nationalité égypto-canadienne, et Baher Mohamed qui se bat toujours pour sa liberté.

González s’interroge sur les raisons de son arrestation. A cause de la publication de son livre, « Rise and Fall of the Muslm Brotherhood »? Le gouvernement a publié un communiqué intitulé « Les fausses déclarations faites par Ricard González ». Le texte suggère que González a inventé l’histoire de son départ pour des raisons politiques afin de porter atteinte à l’image du gouvernement égyptien. González insiste sur le fait que cette déclaration est fausse, et qu’il a reçu un avertissement très clair de la part des autorités espagnoles, lui conseillant de quitter l’Egypte en urgence.

González conclut:

« Je voudrais faire une dernière remarque. Compte tenu des restrictions à l’encontre des journalistes égyptiens, le travail des correspondants étrangers est particulièrement important. Ils peuvent parler de problèmes qui ne passeraient jamais à travers le filtre de la censure ou de l’auto-censure des médias de masse égyptiens autrement. Par exemple, c’est grâce à la présence des médias étrangers et au courage de certains activistes que les prisons secrètes, dans lesquelles d’horribles abus ont lieu, ont été révélées. Sans la couverture de l’actualité par les médias étrangers, de nombreuses voix seraient enterrées dans une spirale de peur. C’est pour cela qu’il est crucial que les gouvernements occidentaux s’engagent à préserver des espaces de liberté pour les correspondants étrangers en Egypte. »

Intimidation injustifiable, l’éditorial du 5 Juillet 2015 du journal espagnol EL PAÍS, à propos des menaces supposées des autorités égyptiennes à l’encontre de son correspondant au Caire, Ricard González

Orig: « Intimidación injustificable », July, 5th editorial on EL PAÍS, about alleged threats of Egyptian authorities against the newspaper’s Cairo correspondant, Ricard González

« Ce sont les faits – et non les discours, aussi pompeux qu’ils soient – qui démontrent que l’on peut vivre librement dans un pays. Et en Egypte, des situations récurrentes prouvent que cette [liberté] n’existe pas. […]

Le président actuel est arrivé au pouvoir par un coup d’Etat qui a renversé un gouvernement élu et constitué (ayant lui-même commis beaucoup d’excès et d’actes de sectarisme). Et [le président Abdel Fattah Al-Sissi] l’a fait en suivant le manuel: il a incarcéré les anciens gouvernants, interdit leur parti [les Frères Musulmans], il a dissout le Parlement et a convoqué des élections qu’il a gagné -dans un habit de civil- pour enfin finir par condamner à mort ceux qu’il avait renversés.

L’Egypte fait face à deux grands défis: le pays souffre de fortes tensions internes et de la menace de l’Etat Islamique et d’autres organisations djihadistes, comme l’a mis en évidence l’offensive sanglante de jeudi dernier. Il est fondamental que l’Egypte surpasse les deux, et pour cela le pays a besoin de tout le soutien que la communauté internationale peut lui apporter. Mais il ne réussira pas cela en harcelant les journalistes. » [traduction approximative]

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